Même si cela date aussi >_< " : Merci à Pepito, So, Bloodyrock, Yue, VÄÄÄÄ©ra, Aur,
Stephy, Dadoune, Minoo, Elodidalton, Gaelle49 et Jihann pour vos commentaires sur le précédent chapitre de cette histoire. Et merci aussi aux autres de m’avoir lu jusqu’ici ^^.
Voici le dernier chapitre de cette histoire qui a été… comment dire très dur à écrire. Enfin je n’en dis pas plus, mais j’espère qu’il vous plaira et que vous ne m’en voudrez pas trop -_-".
*s’en va en courant*
N’hésitez pas à me faire par de vos impressions ^^, ça fait vraiment plaisir :) .
Gros bisous et bonne lecture :D.
Lybertys
16
Les jours suivants, je me retrouvais bêtement à attendre son retour, ou ne serait-ce qu’une simple nouvelle.
David avait accepté de m’aider. Il avait pris la lettre, avait lu le nom et sans me poser une seule question, il était parti, me promettant de faire son possible. J’eus le temps pendant ces
quelques jours de m’imaginer le pire. Est ce que mon père avait fait exprès de faire venir mon ancien amant pour me piéger ? J’attendais, suivant mon rythme quotidien, sentant maintenant que
l’espoir me tenais. L’idée même que Mathias puisse avoir une seule nouvelle de moi, me réjouissais. Depuis tout ce temps, un lien entre nous était de nouveau possible. Toutes ses années à
attendre n’était finalement pas vaines. Cependant, cet espoir avait fait ressurgir en moi ma faiblesse. J’avais de plus en plus de mal à être l’homme impassible accomplissant son travail. Alors
que je vivais avant chaque nuit indifféremment, c’était maintenant avec la même difficulté qu’au début.
Ce fut une semaine plus tard qu’on m’envoya cette fois-ci chez un particulier. Ce genre d’occasion était rare, mais était aussi un pratique utilisée par mon père. On me déposa dont
devant cette maison, qui n’avait rien de pauvre, ni de luxueux. Je me demandais comment ce client trouvait les moyens de se payer un mec à domicile. Cette maison était un peu en périphérique
de la ville. Aucune consigne ne me fut donnée, ce n’était pas la peine, j’étais maintenant totalement habituais. Sans la moindre angoisse, celle-ci m’ayant quittée depuis longtemps, je sonnais à
la porte, attendant qu’on daigne m’ouvrir. L’homme ne tarda pas, il m’ouvrit simplement la porte, j’avais un peu de chance, il n’étais pas trop laid. De toute façon, cela m’était égal. Il y avait
pourtant quelque chose qui clochait… J’avais l’impression que cet homme me cachait quelque chose, et il semblait particulièrement tendu. Je le suivis jusqu’à sa chambre, sans dire un mot, restant
silencieux tout comme lui.
Il ouvrit la porte, m’invitant à passer devant lui. Je rentrais dans cette chambre, semblant avoir été préparée pour l’occasion. C’est bien moins sur de moi que je faisais ces quelques
pas.
C'est à ce moment là que je vis une deuxième silhouette, assise sur le lit. On ne m'avait pas prévenu que cela
allait être un plan à trois. Il était rare que l'on omette de me parler de ce genre de détail. Autant dire, que cette ambiance ne me plaisait pas du tout et que je n'étais pas très à l'aise. La
porte se referma dans mon dos ; l’homme qui m’avais jusqu’à maintenant accompagné se tenais devant celle-ci. J’avais la cruelle impression d’être pris au piège. Cependant, je préférer
reporter mon attention sur l’autre homme présent dans la chambre. L’homme assis sur le lit, tourna la tête vers moi. La très faible lumière de la lampe de chevet, ne me donnait pas vraiment la
possibilité de le voir en détail. J’approchais tout e même de plus, ayant envie de voir à qui j’avais à faire. Autant dire que j’étais particulièrement tendu et que mon but n’était pas de
séduire.
l’homme s’était assis sur le lit, comme un invitation pour le rejoindre.
- Nathan ? murmura-t-il.
Cette voix m’était familière. Maintenant assez proche de ce grand lit, je vis une enveloppe posée sur celui-ci.
Aussitôt la connexion se fit dans mon esprit. Cette voir appartenais à David ! Et cette lettre n’était autre que la réponse de Mathias. Un sourire illumina mon visage. Je n’aurais su
décrire la vague d’espoir et de joie qui m’envahi. Pendant toutes ces années, j’avais attendu ce moment là. Grâce à David, cet espoir n’était pas vain. J’avais l’impression que tout ce que
j’avais fait jusqu’à maintenant prenait un sens. Notre amour allait peut être vaincre après tout. La voix de David me sortir de mon état proche de l’euphorie. Mon regard avait du mal à quitter
cette fameuse lettre pour le regarder dans les yeux.
- Nathan ? Est-ce que tu peux venir l’asseoir à côté de moi s’il te plait.
Docile, je vins à ses côtés sans aucune crainte. Je lui aurait bien sauté au cou, et embrassé à pleine bouche pour le remercier. Je lui avait tant fait de choses et lui était aujourd’hui encore
là pour moi. Il venait même de réaliser la plus belle chose au monde pour moi.
Il attrapa la lettre et posa une des ses mains sur les miennes en un geste de compassion comme si j’était malheureux.
- Nathan, j’ai cherché Mathias comme tu me l’avais demandé…
Je ne l’écoutais pas vraiment, à vrai dire, je n’attendais qu’une chose, qu’il me donne cette lettre. Pourquoi prenait-il autant de temps et surtout pourquoi employer cette voix
grave ?
J’entendis la porte s’ouvrir et se fermer, l’autre homme venait de sortir. David dût tout planifier
minutieusement pour permettre cette rencontre.
- J’ai découvert quelque chose… Nathan tu m’écoutes ?
- Euh oui… mais on parler après, donne moi cette lettre s’il te plait.
Il me lança alors un regard comme il m’en avait si souvent lancé pendant nos années de vie communes, un regard empli d’amour… Cette façon de poser cette main sur la mienne et ce ton… Tout
prouvais qu’il ‘était encore plus qu’amoureux de moi après toutes ces années.
Fébrilement, il me tendis la lettre. Mes mains agitées la saisir, et tentèrent de s’attaquer à l’ouverture dans un mouvement frénétique. J’avais tellement envie d’avoir de ses nouvelles !
Lorsque enfin l’enveloppe fut ouverte, je pris un temps. David s’était rapproché de moi et avait posé une mains sur ma cuisse.
Avec une lenteur que j’e m’imposai, je tirais la lettre hors de l’enveloppe.
Comment décrire ma déception, lorsque je vis que cette lettre n’était autre que la mienne. Soudain terriblement angoissé, je tournais la tête vers David et lui demandais :
- Qu’est ce que ça veut dire ? Pourquoi tu me rends cette lettre ? Tu n’as pas pu trouver Mathias ?
- Si Nathan… Je l’ai trouvé… me répondit-il d’une voix affaiblie.
Aveuglé par ma frustration, je continuais à parler d’une voix plus pressente.
- Alors explique-moi, pourquoi tu ne lui as pas donné si tu la retrouver ? C’est parce qu’il habite trop
loin maintenant ? Tu aurais pu la poster ! Tu n’as pas son adresse ? Explique-toi David ça n’a pas de sens.
- Nathan, calme-toi s’il te plait.
- Que je me calme ! dis-je en me levant subitement. Mais comment veux-tu ?!
David se leva à son tour, et posa une main sur mon épaule, comme pour me forcer à m’assoire de nouveau.
La frustration avait maintenant laissée place à la panique. Je n’arrivais pas à comprendre et ne tentais même plus d’imaginer quoi que ce soir. Pourquoi n’avais-il pas pu lui remettre cette
lettre ? Anxieux comme jamais, je n’arrivais pas à ralentir les battements de mon cœur.
- Laisse moi t’expliquer Nathan, s’il te plait assied toi.
Etonnamment, je choisis de lui obéir, sachant pertinemment que c’était la seule solution pour obtenir ce que je voulais.
Il se mit à mes côtés, se plaçant cette fois-ci beaucoup plus proche de moi. J’attendais impatiemment sans dire un seul mot. Autant dire que tout bouillait à l’intérieur de moi. Je voulais
savoir, savant vraiment avoir par peur de ce que j’apprendrais.
- Ca fait combien de temps que tu ne l’as pas vu ?
- Environ cinq ans… Depuis le jour ou mon père à… David je t’en pris, s’il y a quelque chose, dis le moi tout de suite, mes nerfs ne vont pas tenir.
Son expression changea soudain. IL semblait si sérieux et grave. Il prit une grande inspiration, comme s’il allait m’annoncer ma propre mort.
- Nathan…
J’ai bien chercher à donner ta lettre à Mathias, mais… Il ne pourra jamais la lire. Mathias… Mathias est… Mathias est mort. Il est décédé à peu près au
moment ou tu l’as vu. On m’a dit qu’il était mort à l’hôpital suite à un accident. Je suis désolé… Je n’aurais jamais voulu t’apprendre cela. Je… Il est enterré dans le cimetière pas très loin
d’ici… Je suis aller sur sa tombe pour être sur.
Un silence suivit sa déclaration et il reprit en voyant ma réaction :
- Nathan ! Hey ? Tu m’écoutes ?
Plus rien… De ce que David venait de me dire, je ne retenais que deux mots « Mathias » et « mort ». Je n’avais aucun problème pour imaginer l’origine de son décès. J’aurai du
y pensé. Mon père m’avait tout pris… En assassinant Mathias il m’avais condamner par la même occasion. Toutes ses années… Toutes ces années d’attente et d’espoir pour rien. J’avais tenu mon
corps, rongé mon âme uniquement pour un mort. L’idée même que jamais plus je ne le reverrais, l’idée que Mathias n’était plus me déchirait de part en part. J’entendais David m’appeler, mais il
m’était impossible de lui répondre. Je ne réalisé pas. Je n’y croyais pas. Mathias ne pouvait pas être mort !
Les larmes ne venaient même pas. Mon corps n’avait plus aucune réaction. Ce que venait de m’apprendre David était
tellement… Aucun mot n’y était approprié.
Plongé dans un était de stupeur, je dus vraiment l’inquiété car je le sentis me prendre dans ses bras et me serrer très fort. Il murmura à mon oreille quelque mot, semblant craquer pour la
première fois depuis qu’il m’avait revu.
- Je vais te sortir de là Nathan. Tu va voir… Ensemble nous allons trouver une solution. Je t’aime…
Cette déclaration ne me fis rien. Trop perdu dans ma peine, je n’était pas attentif à sa détresse. Ses sentiments, je ne les partagés plus depuis longtemps. Mon cœur était à Mathias et jamais je
ne pourrais le partager avec un autre. Quoi de pire que d’apprendre sa mort….La mort de la seule personne qui avait compté à mes yeux, la mort de la seule personne qui m’avait fait tenir
pendant cinq ans. Mathias était le seul avec qui j’aurais voulu vire, le seul qui m’avait maintenu en vie. J’étais maintenant au bord du précipice, avançant mon pied pour faire le dernier pas. Je
m’étais sacrifié pour lui en vain, et tout était de ma faute…
Il m’avait pourtant prévenu. Je lui avait promis que tout se passerait bien, je lui avait promis que je reviendrais, je lui avais promis que tout s’arrangerait. A l’instant même ou jamais
franchit la porte de la chambre d’hôpital, je l’avait condamner à mort, me condamnant par la même occasion.
David pleurait contre moi. Mes bras n’avaient pas bougé, pendant inertes de chaque côté de mon corps. Je n’arrivais même pas à l’enlacé, je n’arrivais plus à rien. J’avais tellement mal. J’avais
l’impression d’étouffé, mon cœur saignait et la plaie ne cicatriserait jamais, la plaie resterait à jamais béante. Jamais plus le bonheur ne me serait permis. L’espoir n’était même plus une
éventualité. J’étais plongé à jamais dans un désespoir abyssal.
Cependant, mu par une force inconnue, d’une voix très froide ne trahissant pas mon anéantissement et ma douleur, je déclarais :
- Emmène-moi là bas !
Aussitôt je le sentis s’écarter, me regardant avec des yeux ronds :
- Où ça ?
- Au cimetière…
J’avais besoin de voir son nom gravé sur la pierre. Je voulais être sur, je voulais réaliser. Je souhaitais me rapprocher de lui une dernière fois et c’était maintenant ma dernière possibilité.
Certes son corps ne serait plus rien, mais c’était la seule chose palpable, la seule chose matérielle à laquelle je pouvais me raccrocher avant de sombrer. Je me sentirais une dernière fois à la
fois si loin et si près de lui avant la fin.
- Maintenant ?
David se redressa, me regardant, sceptique.
- Ca ne risquerait pas de te causes des problèmes ?
Que pouvait-il m’arriver de pire ? Mathias était mort… Ma propre mort était elle même bien plus douce. Gardant mon calme, je déclarais, souhaitant plus rassurer David que ma propre
personne :
- Ils reviendront plus tard, personne ne remarque ra rien.
Devais-je lui dire que je ne reviendrais jamais, qu’à partir de cet instant j’allais accomplir mon dernier voyage ?
David hésita avant de sortir de la chambre, disant qu’il n’en avait pas pour longtemps.
Me laisser seul n’était peut être pas forcément une bonne idée, cela ne faisait que me conforter dans mon idée. Sans bouger d’un pouce, je restais là le regard dans le vide. Je n’étais même plus
capable de penser à quoi que ce soit. Comment devais-je réagir ? Mathias était mort… Ce refrain venait et revenait dans mon esprit n’ayant de cesse de me tourmenter.
Il revint peu de temps après. Il avait mis son manteau et tenait dans sa main les clefs de sa voiture. Ses yeux étaient rougis par les larmes. Au fond de lui, je savais qu’il avait conscience de
me voir pour la dernière fois. Il avait en face de lui un homme mort, et ne semblait pas vouloir se l’avouer. Il m’invita à le suivre, marchant devant moi. Nous passâmes par la porte de derrière.
Je ne faisais pas vraiment attention à tout cela, à vrai dire, je me reposais sur lui me laissant guider. Je n’aurais jamais eu le force de faire cela seul. Je savais parfaitement que je me
servais de lui, et de l’amour qu’il continuais à me porter, mais qu’aurais-je pu faire d’autre ?
Durant tout le trajet en voiture, je regardais droit devant moi. J’étais comme un simple pantin désarticulé, rien n’émanait de moi. Seul mes yeux, reflétait le gouffre de ma souffrance.
Nous arrivâmes sur le parking désert du cimetière. Il était fermé, mais cela ne m’empêcherait pas d’escalader le portail. Ce n’étais vraiment pas ce qui m’arrêterait.
David coupa le contact. Après une inspiration, il détacha sa ceinture et sortit de la voiture. Il vint ouvrir ma porte, et me voyant immobile, il me dit :
- Euh… Nathan, on est arrivé.
Je relevais la tête vers lui, très lentement. Avec un hochement de tête à peine perceptible, je sortis de la voiture.
- Tu veux que je t’accompagne.
Je fis non de la tête. J’avais besoin d’être seul. Je portais une dernière fois mon regard sur lui. Il pleurait silencieusement. Rassemblant mes dernières forces, je le tirais vers moi, en une
dernière étreinte, le serrant très fort. Avant de partir, j’avais besoin de lui dire deux choses… Alors qu’il éclatait de nouveau en sanglots dans mes bras, je murmurais à son oreille :
- Excuse moi David… Pardonne moi pour tout ce que je t’ai fait… Mais surtout, merci. Je ne peux rien faire d’autre que dire te dire merci.
Lentement, avec la dernière tendresse que je pouvais offrir, je m’écartais de lui, et recouvrit ses lèvres des miennes, voulant faire cesses ses pleurs avant mon départ. Timidement sa langue vint
à la rencontre de la mienne, écartant légèrement ses lèvres, cédant à mon baiser. Mon dernier baiser… Il n’aura même pas été pour Mathias. La seule autre personne à qui je pouvais l’offrir se
trouvais dans mes bras à cet instant. Accrochais à moi, et à sa façon de répondre à mon baiser, je sentais qu’il ne voulait pas me laisser partir. Avais-je raison de lui offrir ce baiser ?
N’était-ce pas un nouvel espoir vain que je lui offrais ? Je ne pensais pas… Au contraire, c’était pour moi la meilleure façon de lui dire adieu. Je ne sais combien de temps nous restâmes
enlacé ainsi, mêlant nos langue et les goûtes d’eau salées de ses pleurs. Je finis par y mettre fin. M’écartant avec la même douceur de ses lèvres.
- David promet moi une chose !
- Laquelle ? demanda-t-il d’une voix enrouée.
- Promets moi que tu pars de cette ville dès demain matin, que tu t’éloignes de mon père à jamais !
- Oui Nathan, nous allons partir d’ici ensemble… Je te le promets !
- Même sans moi ! dis-je très sérieusement.
- Il n’y a pas de raison, tu…
- Promets le moi ! insistais-je.
- D’a… D’accord. Je… je te le promets, dit-il en tentant d’essuyer les larmes.
- Je t’attends ici. Tu vas revenir…
Le disait-il pour se rassurer, ou y croyait-il vraiment ? Pour toute réponse, je lui offrit un léger sourire triste. Je voulais lui donner cette dernière image de moi. Puis n’en supportant
pas plus, je lui tournais le dos, me dirigeant vers le cimetière. Il ne dis pas un seul mot pour me rattrapais, mais j’entendis cependant ses pleurs reprendre de plus belle. A aucun moment je ne
me suis retournais, jamais je n’aurais pu supporter cette vision. C’était certainement lâche de ma part, mais j’avais assez donné de ma personne, je m’étais assez sacrifié pour continuais à le
faire. Continuer à vivre avec tout ce poids sur mes épaule était tout simplement impossible.
J’escaladais les grilles sans trop de mal et me retrouvais à errer dans les allées du cimetière à la recherche du nom de mon amour perdu. Ce
n’était pas le même cimetière que celui ou était enterrer ma mère. A sa pensé ma poitrine me sera encore plus fort.
Sans trop savoir comment, ni pourquoi, je pris à droite, et m’arrêtais soudainement. Je regardais la pierre tombale, me figeant lorsque je vis le nom de Mathias gravé sur celle-ci. Au vu des
dates, David ne m’avait pas mentit, Mathias était mort il y avait cinq ans. C’est à ce moment là que je réalisais vraiment… Mes genoux cédèrent sous mon poids, n’étant même plus capable de me
porter. Une douleur vive me pris au bas du ventre. Les larmes qui étaient sur le point de sortir me brûlaient la gorge. C’est à ce moment précis, à genoux devant sa tombe, à genoux devant la
réalité, que je craquais. Mes larmes jaillirent, je hurlais presque de douleur, me tenant le ventre. Pourquoi… Mes poings finirent par s’abattre plusieurs fois sur la pierre de sa tombes, tapant
si fort que les articulations claquées sur la pierre. J’avais tellement mal que je n’arrivais même pas à exprimer cette douleur. Voir son nom gravé à jamais dans ce marbre était bien trop dur. Je
ne sus combien de temps je restais là, me vidant de toute l’eau de mon corps, pleurant comme jamais je ne l’avais fait. Je pleurais pour tout ce qu’il avait subit par ma faute, je pleurais pour
tout ce que j’avais subis à mon tour. Je gémissais, je crias, j’allais même jusqu’à l’appeler en vain. La folie n’était plus très loin. Oui c’était peut être cela, je devenais fou… Fou de
douleur.
Je me redressais soudain, je ne pouvais pu supporter. Nos corps étaient maintenant séparés à jamais, je n’avais qu’une seule occasion de le rejoindre. Il n’était plus possible pour moi de
supporter tout cela. Sans trop réfléchir, je me mis à courir, prenant la direction de l’autre sortie du cimetière. Je ne pouvais pas me permettre de recroiser David, et je savais maintenant très
bien ou j’allais. Je courais, le vent claquant sur mon visage, et les larmes continuant d’y couler. Je ne supportais plus ce corps souillé. Je ne souhaitais plus qu’une chose le quittais à
jamais. C’était la seule façon de me libérer. Même loin de cette ville je serais prisonnier de ma mémoire. J’étais maintenant dans la ville déserte, parcourant les rues sans m’arrêter une seule
fois. J’avais du mal à avaler ma salive, j’étais essoufflé, ma poitrine était douloureusement serré et mon cœur s’emballait une ultime fois. Je poussais mon corps à bout, mais je savais qu’il
tiendrais jusqu’au bout. Il ne restais plus tellement de temps à supporter. Je ralentis légèrement l’allure lorsque j’arrivais enfin à ce pont, continuant tout de même de courir jusqu’à
arriver au milieu. J’avais de la chance, personne n’était dehors, personne ne m’empêcherait de réaliser mon acte ultime. Je m’approchais des barrières, regardant l’eau qui coulait très vite. Il
avait beaucoup plu. Avec la hauteur j’avais déjà très peu de chance de m’en sortir, mais l’eau ainsi déchaînée ne m’en laisserait aucune. Fébrile, mais déterminé, j’enjambais lestement la
barrière, n’ayant maintenant plus qu’un seul pas à faire. Mon regard se perdit dans l’eau déchaînées au dessous de moi. Ca y était… J’allais enfin pouvoir me libérer. Les larmes brouillaient ma
vue, mes pensées étaient maintenant uniquement focalisées sur Mathias et sur le fait que j’allais enfin le rejoindre. C’était la seule solution, et je n’avais pas peur de l’affronter. C’était
maintenant ou jamais. Alors que j’allais m’élancé dans le vide, j’entendis au loin une voix m’appeler.
- Monsieuuuur, noon, attendez, qu’est ce que vous faites ?
Je tournais la tête vers lui c’était un passant qui accourait vers moi. Je n’allais pas l’attendre. Je repris ma contemplation de la rivière, après une profonde et dernière inspiration, je
murmurais son nom et m’élançais dans le vide. C’était étrange, cette chute me parut duré éternellement. On dit que dans ces moments là, on revoit défiler toute sa vie devant nous. Pourtant, la
seule chose que je vis fus Mathias.
Son visage, le visage de lorsque nous étions adolescent me revint en mémoire. Alors que je flottais dans le vide, un sourire étira mes lèvres. Je volais à sa rencontre.
Tout aurait pu se dérouler autrement, mais on ne revient pas en arrière. C’était un peu tard que je le comprenais. Voilà comment un homme avait
ruiné nos deux vies. J’allais maintenant le rejoindre dans un lieu ou jamais plus il ne pourrait nous atteindre. Ma douleur s’atténua, ou du moins se modifia en une chose qu’aucun être bien
vivant ne pourrait comprendre. C’était fini, je cédais ma place à d’autre, j’allais rejoindre Mathias, dans un ailleurs qui peut être serait moins hostile que le serait celui-ci. Un monde où
depuis longtemps je n’avais plus eu ma place. Le contact avec l’eau fut bref, je ne ressenti aucune douleur. Les sensations terrestre m’étaient ôtés à jamais. Mes yeux restèrent clos, gardant
gravé dans mes paupières le visage de mon amant à jamais.

