Coucou ^^,
Merci à Saya, Bloodyrock, Alexiane, Laetiss, Meryl, Rikka, Lutraah,
Athenaïs et Dadoune pour vos commentaires sur le chapitre précédent de cette histoire. J’en profite aussi pour remercier au passage Lolityka’s et Eden pour vos commentaires ^^ sur l’article
« De retour » ils m’ont vraiment touchés.
Merci enfin à tous ceux qui prennent le temps de lire mes histoires, je ne sais pas comment je ferais sans elles et sans vous. ^^
Trêve de bavardage et voici comme promis le chapitre 3 ^^.
Bonne lecture, j’espère qu’il vous paiera plus qu’il ne me plait. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions à la fin de ce chapitre :p ça fait toujours plaisir.
Gros bisous.
Lybertys
03
Ce fut un léger mouvement de recul de sa part qui me réveilla. Œil de Lune avait sauté lestement sur le
sol et s’y était assit, me fixant impassiblement. J’avais maintenant ouvert les yeux, qui après la rapide observation de Œil de Lune s’étaient posés dans ceux de Julan. Le soleil était déjà haut
dans le ciel, j’avais pu récupérer un peu de sommeil. Sans me départir d’un sourire, bien que très inquiet par rapport à ce qui c’était passé la veille, je lui demandais :
- Ca va mieux ?
L’expression qu’affichait Julan changea alors du tout au tout. Alors qu’il semblait être heureux et bien dans la chaleur de mes bras, il semblait soudain terriblement honteux et mal à l’aise. Il
hocha brièvement la tête, et sortit du lit, s’arrachant un peu trop vivement à mon gout de l’étreinte de mes bras. Son geste brusque avait en plus était douloureux, me rappelant que mon corps
était loin d’être rétabli. J’eus à peine le temps de prononcer son nom, qu’il était déjà sortit de la chambre. L’idée de le rattraper ne m’effleura qu’un instant, au vu de mon état et du
sien. Œil de Lune l’avait suivit, me laissant seul dans la chambre. M’étant légèrement redressé, je me laissais tomber lourdement sur l’oreiller, profitant encore un peu de la chaleur du
lit. J’entendis la porte d’entrée claquée peu de temps après, comprenant que Julan était sorti, laissant la maison bien silencieuse. Cela faisait peu de temps que je connaissais cet homme et
pourtant, il m’intriguait déjà beaucoup. Sa crise de larme de la veille m’avait vraiment inquiété. Qu’avait-il vécu de si terrible pour ne plus communiquer, et pourquoi avait-il finit par trouver
le réconfort au creux de mes bras ? Sa réaction de ce matin prouvait que cela était inhabituel. Après de longues minutes à rêvasser et à penser à Julan, je finis par me décider à me lever.
C’était fou comme une simple blessure à la poitrine pouvait être gênante et douloureuse. Elle entravait beaucoup de gestes simples et être ainsi commençait déjà me taper sur le nerf. Une fois
hors du lit, je sortis de la chambre pour trouver Len assit à une table. Je m’approchais, avant de m’asseoir en face de lui. Il releva la tête vers moi, m’offrant un petit sourire.
- Bien dormi ? Ca va mieux ? me demanda-t-il.
- Oui et toi ?
Le vieil homme me sourit mais ne me répondit pas. Il reprit ce qu’il était en train de faire, sculptant dans le bois une sorte de grand saladier. Après cinq bonnes minutes, il releva les yeux
vers moi et me demanda :
- As-tu faim ?
- Oui, un peu… Dis-je.
J’ajoutais ensuite une question dont je connaissais déjà la réponse :
- Julan n’est pas là.
- Non, il reviendra en fin
de matinée, il est sorti un peu avec Œil de lune. Il profite du fait qu’il ait moins de chance de croiser du monde.
Le silence retomba, nous plongeant tous deux dans les souvenirs de la veille. J’hésitais de plus en plus à lui parler du fait que Julan ait trouvé refuge dans mes bras à deux reprises. Je me
souvenais de cette nuit tout contre lui. Peut être que finalement cela n’appartenait qu’à nous deux et que Len ne pouvait en faire partit…
Contre toute attente, plongé dans mes pensées je ne sentis pas Len s’asseoir à côté de moi, jusqu’à ce qu’il me dise d’une voix posée me faisant tourner la tête vers lui :
- Tu sais Evan, depuis que
j’ai connu Julan, jamais je ne l’ai vu devenir aussi proche de quelqu’un en si peu de temps. Il évite normalement tout humain comme la peste. C’est quelqu’un d’extrêmement fragile et
sensible. Je ne l’ai pris qu’une fois dans mes bras, pour le ramener ici lorsqu’il était vraiment au fond du gouffre. Sans te connaitre, sans te juger, il te porte déjà une confiance comme jamais
je ne lui en ai vu offrir à qui que ce soit. Ne le blesse pas Evan c’est tout ce que je te demande…
Je failli répondre quelque chose à cette tirade, mais il m’était impossible de lui dire quoi que ce soit. J’étais trop profondément touché par ses paroles. Soudain, Len se leva, disparaissant
dans sa chambre avant de revenir avec un objet enveloppé d’un tissu. Il le posa sur la table se plaçant en face de moi. D’une voix assez froide, il me dit :
- C’est ce que Julan a
trouvé sur toi dans la forêt lorsque tu étais inconscient.
D’un simple geste de la tête, il m’invita à le prendre et à voir ce que c’était. Fébrilement, je déroulais le tissu, n’ayant pas la moindre idée de ce que cela pouvait être. J’avais envie de
savoir tout comme je n’en avais pas envie. Peut être allais-je découvrir quelque chose lié à mon passé et que je n’avais justement pas envie de savoir. Et si avoir oublié n’était finalement pas
la meilleure chose que j’avais faite de ma vie.
Je continuais de déplier m’inquiétant de plus en plus vies à vus de l’objet que j’étais en train de découvrir. Je finis par m’arrêter, le posant devant moi et levant les yeux vers Len. Je
déclarai d’une voix assez faible :
- Et si je n’avais pas envie de savoir… Et si ce que je vais découvrir là dedans me…
Len me coupa :
- On ne peut pas vivre ainsi Evan. Tôt ou tard tu finiras par te rappeler ou y être confronté. Hier après midi en a
été un bon exemple ! J’ai était bête de te cacher cet objet aussi longtemps. Ouvre et affronte ce que tu as été. Je réprimais mon envie de pleurer. Je ne savais même pas pourquoi, mais les
paroles de Len atterrissaient très durement à mes oreilles.
- Evan qu’attends-tu ? Ajouta-t-il.
Pourquoi me brusquait-il comme cela ? Peut-être pour mettre définitivement fin à toute mes hésitations.
Les mains tremblantes, je saisis le tissu, tirant simplement dessus, laissant tomber lourdement sur la table un objet qui n’était autre qu’une arme à feu.
Aussitôt tout grouilla dans ma tête. Ma façon dont j’avais mis à terre l’homme qui avait agressé Julan, maintenant cette arme et la balle dans ma poitrine : cela ne faisait qu’assombrir ce
que j’étais, me dévoilant une dace de moi que j’avais certainement voulu oublier, un homme possédant la capacité d’ôter la vie à un autre homme.
Je devins aussitôt blanc comme un linge. Je n’osais même pas toucher cet arme qui je le savais m’appartenait. Je sentais mes mains me titiller à l’envi de toucher celle-ci. Mes yeux ne parvenant
à la quitter, je ne vis pas Len se lever et venir à côté de moi. Je ne m’aperçus de sa présence que lorsqu’il posa sa main sur mon épaule. Ne supportant aucun contact, je repoussais violement son
bras, me redressant. Réalisant après, la violence de mon geste, je le regardais et m’excusais en bredouillant :
- Je suis désolé… Je… Je vais un peu dehors, j’ai besoin d’être seul.
Sans un mot de plus, je lui tournais le dos, marchant vers la porte, ne ressentait même plus la douleur de ma poitrine. Malgré moi, j’en voulais à Len. Je lui en voulais de me l’avoir caché aussi
longtemps et de me le révéler maintenant. Je trouvais à la voir que c’était bien trop tôt et pas assez…
Perdu, je sortis dehors, et fus obligé de rentrer saisi par le froid qui régnait dehors. A peine eussè-je fait demi-tour, que je me trouvais nez à nez avec Len qui me tendais un manteau.
- Ne prend pas froid, fait
attention à ta blessure, elle est loin d’être guéri. Profite de la solitude de la nature et de sa paix. Elle m’a apporté beaucoup. J’espère qu’elle en fera autant pour toi. Un sourire crispé
étira mes lèvres avant que je ne laisse échapper un « merci ». Après m’être emmitouflé dans le manteau de Len, je ressorti prenant soin de bien refermer la porte pour ne pas faire
rentrer le froid dans la maison. Je rentrais ma tête dans mes épaules amoindrissant la prise du vent sur moi, puis j’entamais ma marche solitaire. Il avait du neiger cette nuit, car la nature
était envahie d’une épais tissus blanc.
Alors que je grimaçais de douleur à cause de mon corps qui n’était pas en état de faire ce genre de chose, l’image de mon arme me revint à l’esprit. L’idée même que je m’en sois servi me faisait
froid dans le dos, et pourtant je n’avais aucun doute à ce sujet. Je le sentais au plus profond de moi : mes mains étaient souillées de sang. J’avais ôté la vie et cela me comprimer le cœur
à m’en rendre malade. Je me surpris à réclamer mentalement la présence de Julan à mes côtés. J’avais besoin de me sentir tout près de lui comme je l’avais été cette nuit. Je revoyais son
visage et sa beauté androgyne, ses long cheveux que j’avais caressait et dont la douceur était sans pareille. Chassant mes propres problèmes, je choisis de me concentrer sur ceux de Julan. Je
repensais à ce qui s’était passé ce matin, à sa réaction et à la peur que j’avais pu lire dans son regard. Je voulais en savoir plus sur lui, sur son passé, sur ce qui l’avait détruit pour finir
comme cela : apeuré au moindre contact humain, à ne plus chercher à communiquer. Chose qui m’intriguait le plus, c’était ce que m’avait dit Len à son sujet, le fait qu’il me porte sa
confiance et qu’il me laissa ainsi l’approcher, se collant à moi la nuit, cherchant le refuge qu’il ne semblait pas avoir eut depuis bien trop longtemps. J’avais envie d’en savoir tellement sur
lui, contrastant avec ce que j’avais envie de découvrir sur moi-même. N’était-ce finalement pas dangereux de me rapprocher de lui alors que j’étais un tueur ou pire encore… Finalement, je ne
savais même pas qui j’étais…
Je finis par m’arrêter, m’appuyant sur un tronc d’arbre. J’avais vraiment mal et ce simple trajet
m’avait épuisé. Ma respiration était saccadée, et mes jambes tremblantes avaient du mal à me porter. Une pause était donc plus que nécessaire. Le froid commençait à s’infiltrer en moi. Soudain,
mes sombres pensées revinrent en foule. J’étais un assassin qui ne se souvenait de ce qu’il avait commis ou non, qui ne se souvenait même plus de son propre nom. Ne pas savoir qui j’étais était
finalement quelque chose d’extrêmement difficile, et mon état de faiblesse ne me permettait pas de faire la part des choses et d’y faire face.
J’étais totalement perdu, apeuré à l’idée de qui je pouvais être. La douleur mêlée à l’angoisse finit par avoir raison de moi, et mes yeux s’humidifièrent, traçant un sillon humide et glacé sur
mes joues. Lentement, je me laissais tombé à même le sol, assit dans la neige, contre le tronc d’arbre. J’oubliais le froid, même si j’étais frigorifié. Mes bras pendaient le long de mon corps et
mes mains en contact direct avec la neige, rougissaient avec le froid. Totalement désemparé, j’étais devenu en un instant incapable de faire quoi que ce soit. Des larmes silencieuses continuaient
de couler sur mes joues, plus rien maintenant n’avait d’importance pour moi. Soudain, j’entendis un bruit discret derrière moi. Pensant qu’il s’agissait d’une bête sauvage, je ne pris
pas la peine de tourner la tête. Cependant, cette présence semblait s’approcher de moi. C’est à ce moment là que je vis tout à coup débarquer Œil de Lune courant en trombe devant moi, après un
jeune lièvre blanc qui détalait pour sauver sa vie grandement menacée. Si Œil de Lune était là, cela signifiait que Julan n’était pas là. J’aurais voulu porter mes mains à mon visage afin
d’effacer toute trace de larmes, mais cela était inutile car il m’était impossible de m’arrêter. Même si je ne voulais pas qu’il me voit ainsi, j’étais dans l’incapacité de faire autrement.
Lorsqu’il me dépassa peu de temps après Œil de Lune, il s’arrêta soudain remarquant ma présence. Son expression passa de la surprise à l’inquiétude lorsqu’il vit mon état. Si aucun son ne sortit
de ma bouche, son visage n’en resta pas moins expressif. IL s’approcha de moi, allant jusqu’à se mettre à mon niveau en me tendant la main comme pour me hisser vers le haut. Seulement, j’étais
comme paralysé, incapable de faire quoi que ce soit. Mais Julan ne l’entendais pas de cette oreille. Il s’abaissa à ma hauteur et d’un geste très tendre et doux, il passa sa main sur mes joues
rougies par le froid, et la douceur de sa peau était sans pareille. Enivré par ce contact, je perdis la notion de tout. Lorsque sa main quitta mon visage, il la posa sur mon épaule, come simple
geste de réconfort, me montrant sa présence et me transmettait par son regard les mots qu’il ne pouvait prononcer. Je repensais aux paroles de Len : le seul homme à pouvoir le toucher, à
être aussi proche de lui alors que je le connaissais à peine.
Mais est ce que je méritais ce geste ? Les larmes ne cessaient de couler, ne parvenant pas à y mettre fin. Sa main chaude posée sur mon épaule me transmettait une sorte de réconfort dont je
n’aurais su décrire la qualité. Par deux fois il venait de me sauver la vie, mais ne méritais-je finalement pas la mort ? Pourquoi cette balle dans ma poitrine ? Pourquoi mon
arrivée ici ? Pourquoi cet homme m’avait sauvé la vie ?
Maintenant ce contact me semblait irrespectueux envers Julan. N’étais-je pas en train de le souiller comme je l’étais. D’un geste doux mais ferme, je repoussais sa main et déclarais d’une voix
enrouée, plantant mes yeux dans les siens qui donnait toujours cette impression d’être transpercé.
- Je ne pas Julan, je…Je suis… Je ne sais même pas qui je suis, tu ne devrais pas me faire confiance. Je suis
certainement quelqu’un de dangereux. Je… Julan… je… bégayais-je lamentablement.
Ma voix saccadées par les sanglots me paralysait, je n’arrivais plus à dire quoi que ce soit. Alors que j’allais de nouveau tenté à faire une phrase, Julan posa sa main sur ma bouche, m’empêchant
d’aller plus loin. Un petit sourire triste ornait ses lèvres. Sans me laisser le temps de dire ou faire quoi que ce soit, il posa ses genoux dans la neige et m’attira vivement à lui dans une
douce étreinte, dont jamais je ne me lasserais. J’enfouis ma tête tout contre son coup fin, m’enivrant de son odeur. Je tremblais comme une feuille de froid et de détresse.
Si je ne pouvais entendre sa voix, je pouvais sentir la chaleur réconfortante qui émanait de lui. Si je l’avais consolé la nuit dernière, c’était à son tour de le faire pour moi. Je me sentais
tout de même assez mal à l’aise d’être ainsi à sa merci, montrant mes faiblesse comme il m’avait montré les sienne. Mes larmes étaient loin de se tarir maintenant que l’on m’offrait une épaule
pour m’épancher. Perdu, totalement désorienté, Julan était mon point d’accroche. Sans trop savoir pourquoi, je murmurais à son oreille un simple mot, le seul qui était dans mon esprit et que
j’aurais du lui dire depuis longtemps, sortant des tréfonds de mon cœurs :
- Merci… Merci Julan… Merci pour tout.
Surpris, il s’écarta légèrement de moi, plantant ses yeux dans les miens, laissant son visage à seulement quelques centimètres du mien. Je pouvais sentir sa respiration, caressant avec volupté
mon visage endormi par le froid. Sa main passa pour essuyer mes dernières larmes, bientôt renouvelées par d’autres. Son bras se sustenta dans l’air, en un mouvement aérien et subtil. Mes yeux ne
pouvaient pas quitter les siens, admirant la beauté de cet homme à seulement quelques centimètres de moi. Une brise légère et fraîche vint faire virevolter une des mèches qui s’était
échappé de sa queue de cheval, rajoutant une petite touche à son visage emprunt de douceur. Ses yeux bleus océans, impénétrables, ne trahissaient aucuns sentiments. Je me rendais réellement
compte à cet instant précis que je ne connaissais rien de lui.
Le temps défilait mais ne semblait plus avoir aucune prise sur nous, les yeux dans les yeux, coupés du monde, nous étions subitement comme hors du temps. Sans que j’en ai vraiment conscience, mon visage s’approcha dangereusement du sien, allant tout naturellement jusqu’à déposer mes lèvres sur les siennes. Julan frémit violemment à ce contact, mais ne s’écarta pas pour autant. Ses lèvres masculines avaient quelque chose de particulièrement enivrant de par leur finesse et leur douceur. Je découvrais leur gout, nouveau pour moi comme si c’était la chose qui m’avait toujours cruellement manqué. Je sentis ses bras frêles mais puissants s’agripper à moi comme pour trouver quelque chose à quoi se raccrocher désespérément. Je lui rendis très vite son étreinte, me laissant alors guider par mes envies et mon instinct. Ma langue finit par glisser sur ses lèvres brûlantes, transissant mon envie de bien plus. Ce qui avait d’abord été un simple effleurement était en train de devenir bien plus. Assez rapidement, semblant aussi envouté que moi, Julan répondit à mon invitation en entrouvrant légèrement les lèvres. Seulement, voulant me faire attendre et n’ayant pas envie de céder à sa demande tout de suite afin de ne pas aller trop vite, je passais encore plusieurs fois ma langue sur ses lèvres avant de partir enfin à la rencontre du fruit défendu et si tentateur. Grisé par les milles sensations que sa langue contre la mienne me provoqua, je failli perdre pied. Nos langues apprirent très vite à se connaître, entamant un ballet des plus sensuel et langoureux. Julan raffermit son étreinte sur moi, comme pour m’attirer encore plus près, faisant gagner en ardeur notre échange. J’avais l’impression de découvrir quelque chose de totalement nouveau et pourtant, tellement naturel. Il ma semblait que jamais je n’avais embrassé un homme, mais cela était terriblement excitant et débordant de sensualité. Certes son baisait était fin et délicat mais il trahissait sa masculinité. Le désir s’infiltra en dans mon être, faisant augmenter presque instantanément la chaleur de mon corps.
Je me souvenais alors de sa main parcourant mon corps nu pour m’aider à me laver… Ce baiser me donnait
envie de bien plus. J’étais comme pris d’un vertige, grisé par ses sensations multiples. Seulement, ce fut l’air qui manqua et nous força à mettre fin à ce baise qui était en train de nous mener
beaucoup trop loin.
Retrouvant nos esprits, je vis le regard de Julan se métamorphoser. Il passa de la paix et du bien être de notre échange à la chute peut être un peu trop brusque sur terre. Etais-ce de la peur,
du remord, du dégout qu’il ressentit lorsqu’il s’écarta vivement de moi, me repoussant avec violence. Sans que je n’aie le temps de comprendre ce qu’il se passait, Julan était déjà debout et
courait loin de moi. Il m’avait semblé percevoir les mêmes larmes qui avaient coulé de mes yeux dans les siens. Vainement, je criais son nom, sachant pertinemment qu’il ne se retournerait
pas.
Ce fut seulement lorsque je me retrouvais complètement seul, ayant vu disparaitre sa silhouette dans la forêt que je réalisais ce que je venais de faire : embrasser un homme et qui plus est
Julan. Je posais ma main sur mon visage comme pour me remettre les idées en place. Elle glissa sur mes lèvres qui gardaient encore le goût de celle de Julan. Qu’avais-je fais ?
Il fallait que je me lève, que je quitte ce lieu ou j’avais commis ce que je n’aurais jamais pu imaginer. Une douleur vive me fit pousser un cri muet : l’immobilité et le froid m’avait
engourdis et j’avais fait un mouvement trop ample. Je pris une profonde inspiration avant de prendre le chemin du retour. Il fallait que je fasse le point, cette marche m’aiderait peut être, bien
que j’en doutais fort.
Lorsque je rentrerai, je demanderais à Len de me montrer comment chauffer de l’eau pour me laver, ainsi que de l’aider pour changer mes pansements et soigner ma plaie.
Le retour me sembla bien plus long que l’aller, et je crus ne jamais parvenir à rentrer. Il me paraissait long et surtout terriblement solitaire. Je ne cessais de me perdre dans mes pensées liées
à Julan et au baiser que nous venions d’échanger, oubliant même un moment mon passé.
Je me rendais compte que je ne pensais plus à rien à part à Julan. Il prenait chaque jour plus
d’importance pour moi, sans que je sache contrôler quoi que ce soit, et nous avions même finis par nous embrasser. Tremblant, saisi par le froid, je relevais lentement la tête afin de voir
combien il me restait à parcourir. Un soupire de soulagement s’échappa de mes lèvres lorsque je vis au loin la maison de Len. Cet homme m’avait recueilli sans me juger, alors même qu’il en avait
su bien plus sur moi qu’il ne me l’avait dit. Je me demandais s’il ne me cachait pas encore quelque chose, mais je préférais ne pas m’appesantir sur ce genre de pensées. Alors que j’arrivais
titubant vers la petite maison de pierre, je vis Len en sortir courant vers moi. Peut être été-ai-je dans un état pire que ce que j’avais pu imaginer. A vrai dire, je me rendais compte que
j’étais à deux doigts de m’effondrer et qu’il aurait suffit de peu pour que cela soit le cas. Je m’arrêtais ne parvenant pas à faire un pas de plus, alors que Len ne tardait pas à arriver à ma
hauteur.
- Evan, mais dans quel état es-tu ? cria-t-il lorsqu’il fut à mon niveau. Je t’avais pourtant mis en garde.
Je ne répondis rien. Comme Julan, je restais muet. Je ne voulais pas lui parler du baiser que nous avions échangé, c’était encore une chose qui n’appartenait qu’à nous et comment la jugerait-il
s’il savait ?
- Aller vient, me dit-il d’une voix plus calme, tu vas te réchauffer près du feu, après t’être lavé avec de l’eau que
je vais te faire chauffer. Tu va reprendre des forces, j’ai presque fini le repas.
Il me soutint par l’épaule, et c’est ainsi que côte à côte, nous nous remîmes en route jusqu’à sa maison. A peine arrivé qu’il alla chercher de l’eau et la mis à chauffer, m’invitant à aller dans
la pièce qui faisait office de salle de bain. Le feu était allumé, et il régnait une ambiance chaleureuse digne d’un cocon des plus agréables. Lorsque tout fut près, il me laissa avec
suffisamment d’eau chaude, des vêtements propres, et alla finir de prépare le repas qui serait prêt lorsque je finirais. Lentement, je me laissais aller à m’asseoir sur le petit tabouret, puis
j’entreprenais de me déshabiller, prenant garde de ne surtout pas me faire plus mal que je ne l’avais déjà.
Lentement, je me laissais aller à m’asseoir sur le petit tabouret, puis j’entreprenais de me dévêtir, prenant garde à ne surtout pas me faire plus mal que je ne l’avais déjà. Une fois déshabillé,
je commençais à me laver, après avoir ôté avec douceur mon bandage. Je fis couler l’eau bouillante sur mon corps, savourant la chaleur que cela me procurait. Mes mouvement étaient lents et
calculés, et je me rendais compte après seulement quelques minutes que rien que ces simples gestes m’épuisaient. E ne sais combien de temps il me fallut pour me laver entièrement, finissant par
enrouler mes cheveux mouillés dans un linge. Je mis ensuite un simple jean, restant torse nu afin que Len puisse me faire mes soins. Je vis qu’il avait déposé à mon intention de quoi me raser,
avec un petit miroir. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas vu et ma barbe commençait à devenir trop longue. Je m’installais confortablement et entrepris d’ôter cette barbe qui me
vieillissait de dix ans.
Le résultat fut saisissant, dévoilant véritablement mon visage légèrement amaigri. J’entendis soudain frapper à la porte.
- Tu peux entrer, dis-je.
Suite à mon autorisation, Len entra, les bras chargés du nécessaire pour me soigner. Il s’approcha de
moi, posant sur la petite table la mixture qu’il venait de préparer. De ses mains trahissant son expérience et son âge avancé, il entreprit de me soigner avec méticulosité et savoir faire. Une
fois qu’il eut terminé, il me tendit une infusion à boire et me laissa finir de m’habiller avant d’aller le rejoindre pour manger. Après avoir enfilé le t-shirt et le gros pull qu’il m’avait
prêté, je sortis de la petite pièce pour aller m’asseoir à table. J’aurais bien voulu l’aider, mais je m’en sentais incapable et heureusement il le comprit parfaitement :
- Tu pourras te reposer si tu le souhaites après manger… me dit-il alors qu’il me servait une assiette de soupe
généreuse.
Nous mangeâmes en silence et une fois que le repas fut terminé, je quittais Len afin d’aller m’étendre
dans mon lit. Ilian n’était toujours pas rentré et c’est en pensant à lui que je m’endormis.
J’eus un sommeil assez agité, rêvant de choses dont je ne me souvins pas au réveil. Lorsque j’ouvris les yeux, la nuit commençait à tomber. Je m’étirais légèrement avant de me lever, portant ma
main à mon visage au vu de l’affreux mal de tête naissant qui prenait possession de moi. Je finis par sortir de la chambre, trouant Len avec un livre près du feu de cheminé. Lorsqu’il m’entendit,
il tourna la tête vers moi, mettant sa lecture en pause et me demandant :
- Bien reposé ?
- Oui merci…
- Dis-moi, ajouta-t-il, comme pour changer de sujet, tu n’aurais pas croisé Julan ce matin.
- Euh… Je… Non, mentis-je, ne voulant surtout pas lui révéler ce que nous avions fait.
- Ah… Il n’est pas encore rentré. Ca lui arrive souvent de partir la journée, mais normalement il me prévient. Enfin,
je me fais du souci pour rien.
Si Len ne semblait pas s’inquiéter outre mesure, ce n’était pas mon cas. D’une voix qui trahissait mon angoisse je déclarais :
- Ne faut-il pas partir à sa recherche ? Il peut lui être arrivé quelque chose, il…
- Ne t’inquiète pas Evan. Et puis de toute façon, comment veux-tu le retrouver de nuit dans la forêt de toute façon.
Nous commencerons à nous faire du souci s’il n’est pas rentré demain. Maintenant je vais aller préparer de quoi manger pendant que tu te reposes près du feu. C’st fou, malgré tout ce que tu dors,
tu semble encore plus épuisé.
Sous les ordres de Len, j’allais m’asseoir, attendant sans la moindre preuve de patience le retour de Julan,
Nous passâmes une partie de la soirée tous les deux, à parler de tout et de rien, à profiter aussi du silence de la nuit, assis près du feu. Lorsque je fus trop épuisé, j’allais regagner le lit
de Julan, mort d’inquiétude qu’il ne soit pas revenu. Si cela se trouvait, tout était uniquement de ma faute, et chaque minutes passant sans son retour grandissait ma culpabilité. Je ne parvins
pas à fermer l’œil, restant éveillé une bonne partie de la nuit.
Julan n’étais toujours pas là. N’avais-je pas fait la plus grosse erreur de ma vie en l’embrassant ? Pourtant, il avait plus que répondu à mon baiser et je ne l’avais pas forcé. Je me
rappelais de l’union que m’avait faite ressentir ce simple échange. Le pire dans tout cela, c’était que je ne parvenais pas à faire taire en moi cette envie indécente de recommencer, de me
délecter une fois de plus de ses lèvres voluptueuses. Je pris sur moi pour ne pas me lever et partir à sa recherche contre l’avis de Len. Ce fut à ce moment là que j’entendis la porte de la
chambre s’ouvrir.
Aussitôt, je fermais les yeux, faisant semblant de dormir. S’il était rentré aussi tard, il n’avait certainement pas envie de m’affronter maintenant et je respectais son choix. Le lit s’affaissa
bientôt sous le poids du loup venant s’allonger à mes pieds, qui ne tarda pas à être rejoins par Julan. Seulement, contrairement à la nuit dernière, il se posa bien à l’opposé de moi, le plus
loin possible, me tournant le dos. Les yeux simplement légèrement entrouverts, mon cœur se serra à cette vision. Ce baiser nous avait finalement plus éloigné que rapprochait. J’aurais pourtant
voulu encore une fois le serrer dans mes bras… Ne voulant plus penser à tout cela, je préférais m’endormir, trop épuisé de toute façon, soulagé de son retour.
La distance que Julan mit entre nous à partir de ce soir-là, dura plusieurs jours. Il partait tôt le maton pour revenir le plus tard possible. Len assistait à tout cela sans dire un seul mot. Cet
éloignement me plongeait finalement, dans une profonde solitude que je ne parvenais à combler.
Je me retrouvais en plein milieu de l’après-midi à errer dans la nature, sans trop savoir ou j’allais. Après cinq jours de repos et de soin, mon épaule allait beaucoup mieux, mais ce n’était pas
le cas de mon esprit tourmenté. Je vivais chaque jour un peu plus mal mon éloignement avec Julan. Je finis par m’asseoir sur un tronc d’arbre, contemplant l’immensité du paysage qui s’offrait à
moi. Je pris une profonde inspiration, insufflant à mes poumons cet air pur et frais qui ne pouvait être que bénéfique. Alors que j’étais totalement perdu dans ma contemplation, je sentis une
présence à côté de moi. Il ne me regardait pas et contemplait simplement la même chose que moi. Œil de Lune était allongé à ses pieds, protégeant Julan comme à son habitude.
C’est alors qu’une voix qui m’était inconnu retentis. Elle était enrouée, mais tellement douce et
cristalline… :
- Il y a maintenant deux ans, j’ai vu se faire tuer sous mes yeux l’homme que j’aimais plus que ma propre vie. Je
l’aimais et je n’ai rien pu faire pour lui. Il me protégeait et j’avais beau lui hurler de cesser, de me laisser prendre les coups à sa place, de s’écarter, il ne faisait que raffermir son
étreinte sur moi, jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que ce ne soit plus que son cadavre qui m’étreigne. J’ai hurlé… hurlé à l’aide des milliers de fois… Mais personne n’est venu… J’ai entendus son
dernier souffle… Il a glissé sur ma joue avec tellement de facilité…
Des tas de questions et d’incompréhensions venaient en foule dans mon esprit et le voir là, à côté de moi, immobile me déchirait le cœur. Il ne bougeait pas, aucun tremblement, seule de la peine
à l’état pure qui s’écoulait de ses yeux accompagnait ses larmes. J’avais du mal à réaliser qu’il venait de me parler… Sa voix retentie de nouveau et il ajouta :
- Il m’a sauvé la vie, mais pour m’offrir quoi ? De lui, je ne garde que l’expression de son visage torturé par
la douleur… Et tout cela parce que nous étions deux hommes et que nous nous aimions. Evan… Je ne peux pas… Je ne peux aimer de nouveau, je ne peux prendre de nouveau ce risque. Oublie ce baiser…
Oublie-moi…
Julan se leva sans un regard pour moi et marcha droit devant lui, me laissant accuser le coup et digérer ce qu’il venait de me dévoiler… Tremblant, je regardais sa silhouette s’éloigner alors que ma vue commençait à se brouiller. J’avais l’impression de le revoir pour la dernière fois ; cette impression atroce de se sentir totalement seul…

