Lundi 19 janvier 2009 1 19 01 2009 20:22
Suite de La partie 1 !!

 

Je doutais fortement qu’il en ait parlé à mon petit frère. Tim n’était pas le genre à prendre le temps d’écouter les autres. Je ne lui avais même jamais confié ce que j’avais du faire pour lui par le passé, et je pensais que cela n’arriverais jamais. Sans résister une seconde de plus, je le pris dans mes bras, posant ma tête dans son cou. Il ne me refusa pas cette étreinte, posant sa tête contre la mienne. Mon cœur battait assez vite, mais je n’étais pas assez collé à lui pour qu’il s’en rende compte. Nous n’avions pas reparlé de notre dispute, mais je devais tout de même me lancer sur ce qui me brulait les lèvres depuis deux semaines. J’étais bien avec lui, là, comme cela, et je voulais que cela dur. Me rapprochant un peu plus de lui pour me donner du courage et me conforter dans mon idée, je soufflais timidement :


- Je pense la même chose que toi…
- Quoi ? Demanda-t-il surpris.


S’écartant doucement de moi, il tenta de croiser mon regard qui le fuyait. C’était une chose de le dire tout contre lui, mais le faire sous ses yeux en était une toute autre. Il mit alors ses mains sur mes épaule et me força à le regarder :

- Jonah, dit-il perdu, de quoi tu me parles ?


Je soupirais fortement pour me donner du courage. J’avais fait le plus gros du chemin, il ne restait plus qu’un pas à faire. Posant mes yeux dans les siens, je cherchais encore en moi un soupçon d’argument contre ce que j’allais lui dire. Je n’en voyais aucun d’assez fort. Sûr de moi, je me lançais enfin, perdu dans son regard, je laissais échapper ces quatre mots que je m’étais refusé de déclarer deux semaines plus tôt :


- Tu me plais aussi…


Nath me regarda, quelque peu sonné par ma réaction, mais un sourire qui me chavirer vint bien vite se dessiner sur ses lèvres. Il ne me répondit rien, mais ne tarda pas à s’approcher dangereusement de moi. Angoissé, j’esquivais le plus naturellement possible, attrapant le verre de Nath et me servant une double dose de whisky que j’avalais à mon tour. Je n’en revenais pas moi-même… Qu’est ce que je venais de lui dire ?

- Jonah, ce n’est pas vraiment le moment de me faire espérer s’il n’y a rien.
- Le problème c’est que tu sortais avec Tim… Et je ne peux pas faire ça à mon frère.

Déboussolé, totalement perdu, mes mains jouaient nerveusement avec le verre. Mais devant le silence de Nath, je finis par me confier :

- Je pensais que ne plus te voir était mieux. Mais durant ces deux semaines, je n’ai fait que penser à toi, et… Et il a fallut que l’on se voit tout à l’heure et puis…

Je commençais à paniquer. Ma voix tremblait de stress. Je devenais fou. Pourquoi étais-je en train de lui raconter tout cela ? Semblant s’en apercevoir, Nath posa sa main sur mon épaule, en un contact chaleureux et rassurant :

- Jonah, on n’est pas obligé de faire quelque chose… On peut essayer d’être ami pour commencer.

Je me tournais vers lui, lui offrant un léger petit sourire timide, le remerciant du regard. Rassuré, je posais le verre sur la table avant de me tourner de nouveau vers lui.

- Que dis-tu de boire quelques verres avec moi, en cette sinistre après-midi ?


J’acquiesçais et Nath se leva et me ramena un verre propre. Il nous servit à tous deux un verre, et nous commençâmes à discuter comme si notre séparation n’avait pas eu lieu. Il me raconta comment il avait trouvé son nouveau travail et comment sa démission dans l’autre magasin s’était passé. Il me parla de son collège serveur, me rassurant involontairement sur le fait qu’il ne sortait pas avec lui. A un moment, il se leva vivement, et m’invita à le suivre, pressé pour me montrer quelque chose. Il m’attira vers son lit et me poussa à m’asseoir dessus. Un petite dose de stress monta lorsqu’il me tira jusqu’à son lit en me disant de m’asseoir, mais celui-ci descendit presque aussitôt lorsqu’il tira de sous son lit sa collection personnelle de disque Vinyle. Il sortit plusieurs cartons et me laissa les voir. Il en possédait lui aussi un nombre conséquent et nous échangeâmes notre passion marginale à leur sujet. Le temps passait si vite en sa présence. Nous retournions sur le canapé après un long moment, nous servant encore un verre. C’est à ce moment là que mes yeux se posèrent sur l’horloge et que je me rendis compte de l’heure. Il n’était pas loin de 19h00, Tim arrivant chez moi dans un quart d’heure. Je n’avais pas envie de le voir, du moins je n’avais pas envie de mettre fin à ce moment.

- Tu restes pour dîner ? Me proposa-t-il.
- Je… Oui. Je vais juste annuler un rendez-vous, répondis-je.
- Rien d’important ? S’inquiéta-t-il.

- Non, répondis-je dans un sourire qui sonnait faux.

Attrapant mon portable, j’envoyais rapidement un sms à Tim, m’excusant de devoir annuler notre soirée, ayant un imprévu, n’en spécifiant pas la nature. Le connaissant, il penserait que ce serait lié au travail. Ainsi, je ne lui mentais pas, lui laissant le choix de penser ce qu’il voulait. Lorsque je coupais mon portable, Nath était déjà en train de s’atteler à la cuisine.
M’approchant de lui, je m’arrêtais à sa hauteur et tournant la tête vers moi, il me demanda :

- Un poulet au curry avec du riz, ça te va ?
- Parfait, répondis-je dans un sourire. De l’aide ? Lui demandais-je.
- Avec plaisir.

Et c’est ainsi que nous nous retrouvâmes à cuisiner tout les deux, parlant et échangeant comme si nous étions deux amis de longue date. L’atmosphère était détendue et me faisait beaucoup de bien. Je me sentais calme, reposé et détendu avec lui. Alors que je mettais les couverts sur la table basse, Nath finissait d’égoutter le riz et coupais le feu du poulet au curry qui était prêt. Apportant les deux assiettes à Nath, il nous servit et nous nous rendîmes dans le salon, mangeant avec appétit. Un dernier verre fut consommé par Nath. Pour ma part, je refusais, me savant déjà limite pour conduire pour le retour chez moi. Nous mangeâmes en continuant de parler de conversations légères, échangeant une fois de plus sur les Vinyles, me promettant intérieurement de lui en trouver quelques-uns chez mon amie. Celui des Rolling Stones lui était déjà destiné. Il avait plus de valeur à le voir entre les mains et les yeux brillant de Nath que dans mon étagère. Lorsque nous eûmes fini de manger, nous déposâmes nos assiettes dans l’évier, remettant le rangement et la vaisselle à plus tard. Nous remettant sur le canapé, Nath me proposa assez soudainement :

- Tu veux dormir ici ?

Devant ma surprise et mon hésitation à dire quoi que ce soit, il ajouta :

  • Je te laisse mon lit, je dormirais sur le canapé. Avec tout ce que tu as bu, tu ne peux pas rentrer chez toi en voiture, et c’est inutile de payer un taxi.
    - Merci, c’est gentil. Répondis-je mal à l’aise, rougissant de plus belle.

    Plantant mon regard dans le sien, Nath ouvrit la bouche pour parler, mais la referma aussitôt. Je n’avais pas remarqué que nous étions aussi proche l’un de l’autre. Assis comme ça, son genoux effleurait le mien, et son épaule n’était qu’à quelques millimètres. Ses cheveux courts étaient désordonnés et son regard me donnait l’impression qu’il me dévorait des yeux. Mon regard dévia un court instant sur ses lèvres légèrement humides, mais m’en rendant compte en même temps, je sursautais, rougissant de mon attitude. Me servant un autre verre
    . Nath choisit ce moment là pour se levait, me proposant de regarder un film.


- Je n’ai pas beaucoup de dvd, mais peut être que tu trouveras un film qui te plait.

Il m’apporta une petite pile de films qu’il me tendit, me laissant le choix. Les regardant un à un, je m’arrêtais sur un en particulier.

- Tiens, celui-là je l’ai vu au cinéma il y a un an, ça me tente bien de le revoir. « Into the wild », très beau film. Le personnage principal qui part comme ça de chez lui et de son confort c’est…
- Je croyais que tu trouvais absurde de partir juste avec un sac à dos.

Je ne répondis rien, peu avenant à débattre sur ce sujet. Je lui tendis simplement le dvd, et un regard suffit à comprendre que nous pouvions passer à autre chose. Après avoir lancé le dvd, et éteins la grande lumière du plafond, donnant une ambiance intime, Nath vint s’asseoir à côté de moi, se servant un dernier verre et m’en remettant un peu. Il se mit peut être un peu trop prêt de moi, mais cela ne me dérangea pas. Nous nous frôlions à peine, mais je n’avais pas envie de rompre ce contact aussi minime soit-il. Nath effleura plusieurs fois ma main discrètement pendant le film, trouvant toujours un prétexte pour le faire, même si je n’étais pas dûpe, je n’avais pas envie de le lui faire remarquer. Nous parlions de temps en temps, échangeant des impressions sur des scènes du film. L’alcool aidant, j’étais parfaitement détendu, mais j’avais beaucoup plus de mal à ne pas fixer Nath quelques secondes qui se rallongeaient et se rapprochaient. Je me surpris à avoir envie de passer ma main dans ses cheveux blond, ou même d’avoir envie de remettre une mèche qui lui tombait devant les yeux. Cette fois-ci je m’attardais plus longtemps. Nath paraissait concentré par le film. Mon regard se posa une fois de plus sur ses lèvres, je m’étais pourtant juré de ne pas tomber là dedans. Nath ne connaissais rien de moi, et il m’acceptait à ses côtés. Etait-ce uniquement pour cela qu’il me plaisait ? Non, son corps, ce visage, son odeur que je pouvais presque sentir de là ou je me trouvais, et cette chaleur si particulière qu’il dégageait lors de nos étreintes, sa façon d’être avec moi, son courage, son envie d’aller de l’avant de se battre, de toujours s’en sortir… Tant de choses qui faisaient quelqu’un de profondément différent à mes yeux… Nath tourna soudain la tête vers moi, me transperçant du regard. Je ne tournais pas la tête, c’était trop tard. Une tinte rosée vint cependant colorer mes joues. Nous étions si proches. Je ne savais plus trop quoi faire, ni ce qui allait arriver. J’étais resté trop longtemps à l’observer, ne pouvant détacher mon regard de Nath, provoquant l’inévitable.

Soudain, il m’attira vivement à lui, plus décidé que jamais, et s’empara de mes lèvres sans me laisser le temps de réagir. Ce contact chaud et doux m’électrisa tellement les sens que je perdis la tête. L’aidant un peu, il vint se placer à califourchon sur mes genoux, sans lâcher un seul instant ses lèvres. L’alcool me désinhibant, je répondis presque instantanément à sa requête lorsqu’il vint quémander l’ouverture de mes lèvres. Le baiser gagna doublement en vigueur, et je ne me préoccupais plus de rien à part ce qu’il me faisait ressentir. Son bassin se colla au mien, ses mains devinrent plus baladeuse, je ne savais plus trop ce qu’il se passait, comme totalement engourdis. Ce n’était pas mon premier baiser, mais jamais cela n’avait aussi intense. Grisé, je le laissais mener la danse, acceptant qu’il fasse ce qu’il voulait de moi. Tout allait si vite, ses mains glissaient sur mon corps, me caressant à travers le tissus, comme impatiente de vouloir plus. Son odeur m’envoutait, et sa douceur m’apaisait comme jamais personne n’avait réussis à le faire. Pourtant mon rythme cardiaque battait à un rythme effréné, et il était impossible qu’il ne s’en rende pas compte. Une main passa soudain au contact direct de ma peau, effleurant honteusement ma hanche, pour remontait vers mon torse. Une vague d’effroi me parcourut tout entier, et en un éclair je revins à moi. Sans réfléchir et sans me rendre compte de la force que j’employais, je repoussais violemment Nath qui tomba lourdement sur le sol poussa un cri de douleur.


- Nath, je suis désolé ! M’écriais-je en me rabaissant vers lui. Ca va ? Je ne t’ais pas fait mal ?

Nath se redressa difficilement, tenant son poignet en faisant une grimace.


- Je crois qu’il va falloir aller à l’hôpital…

Extrêmement gêné, je préférais me précipitais sur le téléphone pour appeler un taxi. Une fois cela fait, je me tournais vers Nath qui était assis sur le canapé, son visage crispé de douleur.

- Il arrive dans cinq minutes le temps de descendre.

J’attrapais sa veste dans l’entrée et la lui tendis alors que j’enfilais la mienne. Les excuses n’auraient servies à rien, tout autant qu’aborder maintenant ce qui venait de se passer. La culpabilité se voyait sur mon visage et ce fut sans un mot que nous descendîmes de son appartement. Je fermais à sa place, Nath silencieux, ayant peut être tout simplement trop bu pour faire quoi que ce soit d’autre que marcher. Je me refusais à penser à ce qui venait de se passer et heureusement le taxi arriva en même temps que nous. Je lui demandais de nous amener à l’hôpital, ce qu’il fit après un regard soupçonneux. Arrivé, à destination, je réglais rapidement et nous nous rendîmes directement jusqu’à l’accueil des urgences. Il n’y avait étrangement personne, si bien que Nath fut reçut tout de suite par un médecin qui l’envoya en radio. Je l’attendis me rongeant les sangs pour lui dans la salle d’attente. Nath revint une bonne demi-heure plus tard avec un bandage à la main et sa pochette de radio dans l’autre. Inquiet je me ruais sur lui en me levant précipitamment :

- Nath ? Ca va ? Tu n’as rien de grave ?

- Un poigné foulé…Je ne savais pas que c’était si dangereux de t’embrasser Jonah ! Dit-il ironiquement alors qu’il se dirigeait vers la sortie.


Penaud, je le suivis nous nous arrêtâmes dehors, nous asseyant sur un banc avant de trouver un moyen pour rentrer chez lui.


- Je … Est-ce que tu as mal ?
- Non, on m’a mis de l’anti-inflammatoire et on m’a donné des antidouleurs. Ca va mieux, c’est supportable…
- Je suis sincèrement désolé Nath, dis-je d’une petite voix anxieuse.
- Tu regrettes c’est ça ? Tu vas dire que c’est une erreur, qu’on a tous les deux trop bu… Oui la faute de l’alcool hein, dit-il d’une voix monocorde mais qui trahissait sa peine.

  • On ne peut pas Nath, soufflais-je le cœur serré.
    - C’est pour ton frère c’est ça hein ?
    Se tournant vers moi, il me regarda droit dans les yeux. C’était une question qui n’attendait pas de réponse. Puis il poursuivit :
    - Tu n’as jamais fait quelque chose pour toi-même, sans te préoccuper du bien être de ton frère ? Tu ne penses jamais uniquement à ton bonheur Jonah ? Soit un peu égoïste de temps en temps !


Je ne répondis pas tout de suite. Ce n’était pas par rapport à mon frère que j’avais agit tout à l’heure. Je l’avais d’ailleurs totalement oublié durant notre baiser. C’était une peur bien plus profonde et ancienne qui m’avait reprise. Honteux, je baisais les yeux et dit d’une voix grave et légèrement tremblante :
- Tu sais Nath, tu ne m’aurais jamais embrassé comme ça si tu me connaissais mieux… Je suis loin d’être celui qui tu crois. Je…

Ma voix se figea, une envie de pleurer comme je ne l’avais pas fait depuis temps d’années me saisis à la gorge. Après toutes ses années, je me sentais encore si sale et abject. Mon regard se voila de tristesse.

- Un passé reste un passé Jonah. Tu me plais maintenant dans le présent… Pas dans le passé.

Restant sourd à ce qu’il venait de me dire, je me soulageais infiniment du poids que je portais dans mon cœur depuis tant d’années. Redressant la tête, je le regardais droit dans les yeux, cachant difficilement mon état, les yeux humides :

- J’ai fais des choses que personne ne sait Nath… Même Mon petit frère, ma seule famille, l’ignore…


- Jonah, on rentre bientôt dans la chambre ?
Mon petit frère me tirait par le bras. Voilà maintenant cinq heures que nous marchions dans la ville à la recherche d’un emploi de plus. Mais qui voudrait d’un jeune adolescent de 16 ans sans la moindre expérience ? Je n’avais essuyé que des refus et mon frère commençait à fatiguer.
- Bientôt Tim, on va chercher quelque chose à manger avant.

- Oui ! J’ai très faim ! S’exclama-t-il.
Je mettais les mains dans mes poches, prenant le peu d’argent qu’il me restait de mes économies. Nous aurons encore à manger pour ce soir et demain, mais après… Nous changions d’hôtel et de lieu très régulièrement pour ne pas attirer l’attention. Mais demain serait la dernière nuit que je pourrais nous offrir. Il fallait que je trouve une solution de toute urgence.
- Jonah, j’ai mal aux pieds. Je suis fatigué.
- Désolé Tim mais on va rentrer à pied.

- Quand est ce que papa revient ?
- Je ne sais pas Tim.
Mais il ne semblait pas l’entendre de cette oreille. C’est pourquoi il insista :
- Il est partit en voyage ?
- Oui, c’est ça, pour un très long voyage…
- Rejoindre maman ?
Notre mère était morte à l’accouchement de mon petit frère. Aussi, il ne l’avait jamais vraiment connu. Mon père ne s’en était jamais remis, rejetant mon petit frère, me laissant la plupart du temps seul avec lui jusqu’à nous laisser une fois pour toute.

- Non Tim, il fait une autre sorte de voyage, lui répondis-je tout simplement, ne voulant pas approfondir ce sujet avec lui.
Il fallait à tout prix que je trouve une solution et vite… Nous étions en train de tomber bien trop bas. Je choisis de rentrer pour ce soir, à quoi bon continuer alors que je savais que c’était perdu d’avance. Je pris la main de mon petit frère et pris le chemin de la chambre d’hôtel…


***

Je n’avais pas le choix, l’homme m’invitait à le suivre dans cette pièce à l’autre bout de la ville. C’était la seule solution. Pour Tim, pour nous, pour notre avenir, me répétais-je.
- Alors, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ! Ne reste pas comme ça dans le couloir, je n’aimerais pas qu’on te voit.
Prenant mon courage à deux mains, d’une voix froide et impersonnelle, celle que j’emploierais à chaque fois pour parler affaire, je déclarais :
- Je veux l’argent d’abord.

La liasse me fut tendue, c’était beaucoup. Suffisamment pour quelques temps. Maintenant il fallait que je lui donne quelque chose en échange. Prenant une profonde inspiration, je pénétrais dans la chambre d’hôtel, lançant une dernière pensée à Tim, avant de devenir quelqu’un d’autre…


- Jonah !! Me cria Nath.
Je revins d’un seul coup à moi, prenant peu à peu conscience du monde qui nous entourait. J’étais immobile et des larmes coulaient de façon continue sur mes joues. Perdu, le regard hagard, j’entendis Nath m’appeler encore une fois sans cacher son inquiétude, agenouillé près de moi. Je ne l’avais pas vu se déplacer. Ne voyant aucune réaction de ma part, Nath me pris soudain dans ses bras, en me serrant fort. Ce n’est que lorsque je lui rendis faiblement son étreinte qu’il s’écarta légèrement de moi, et essuyant une des larmes qui coulaient de mes joues de sa main valide il finit par me dire en me forçant à le regarder :

- Un jour, tu me raconteras, et je te promets sur ma vie entière que je ne porterais pas de jugement comme toi tu as fait. Repose-toi un peu sur moi Jonah… Devient égoïste… Pour moi.


Mes yeux s’agrandirent sous la surprise, réalisant lentement ce qu’il venait de me dire. Un sentiment étrange me parcourut. Je l’enviais, ou plutôt j’enviais sa force. La mienne était trop usée et paralysée pour briller comme la sienne. Ce qu’il venait de me dire me touchait profondément. Sans réponse orales, je l’agrippais, l’attirant de nouveau à moi. L’espace de ses bras, sa chaleur, sa présence, sa douceur et sa force… Voilà ce dont j’avais besoin.

- Publié dans : The innocence of sleep
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un Blog

 
Créer un blog sexy sur erog.fr - Contact - C.G.U. - Signaler un abus

: les blogs pour adultes d'